"Les pingouins dans la jungle" de Lola Gruber

09/12/2014
  • "Les pingouins dans la jungle", un roman de Lola Gruber.

    Par Ariadna Triadó.

    Paru en août 2009 chez Les Petits Matins.

    310 pages.

    Les pingouins dans la jungle n’est pas une belle histoire d’amour. Ce n’est pas une ténébreuse histoire de famille. Ce n’est pas une histoire juive. Ce n’est pas une histoire drôle. Ni triste, d’ailleurs”. Mais c’est un peu tout ça, quand même, car l’auteur, Lola Gruber, ancienne étudiante en cinéma, cherche constamment “tout l'océan psychologique et contradictoire qu'il peut y avoir dans un "passe moi le sel". Et c’est bien ce qu’elle fait dans Les pingouins dans la jungle, qui est sorti en 2009 chez Editions Les Petits Matins, où elle avait déjà publié son premier livre  Douze histoires d’amour  à se faire soi-même.

    Les pingouins dans la jungle tisse un jeu de relations qui sont, toujours, situés entre l’amour et la haine, entre la vie et la mort; il esquisse des sujets pour ne pas les traiter, marque des débuts qui ne le sont pas, met le point sur des fins qui ne finissent pas. C’est un roman où, si l’on cherche l’autre, c’est pour éviter la solitude d’une vie ratée… et, surtout, pour le plaisir d’être nécessaire. Car si les personnages cherchent l’amour, ce n’est pas pour aimer… mais pour être aimés dans un monde qui ne les aime peut-être pas assez.

    Avec un langage simple, léger, plein de répétitions, de blagues, de complicités, de mots qui nous remplissent la bouche et qui nous font, parfois, écarquiller les yeux, les éléments du roman Les pingouins dans la jungle filent devant nous et s’organisent par couples : couples de religions, de morales, couples de scènes souvent ambigües, qui reviennent et qui sont enfin comprises, ou peut-être mises en doute, ou simplement changent de sens… Et, finalement, couples de personnages, qui jouent d’un jeu sérieux, une sorte de danse constante, car ils essayent de vivre sur la fine ligne qui sépare l’amitié de l’amour, l’amour de la haine, la vie de la mort, la mort de la création, la création de la monstruosité, l’homme de la bête, la bête de l’animal. L’animal de l’homme. L’homme du moi.

    Mais le fil principal du roman est Ana et la construction de sa personnalité, trop fortement basé sur les autres. Ana au nom de famille qui la cerne, lui donne forme… et l’emprisonne. Ana, la jeune fille aux gros seins, le chaton, celle de la robe légère, caractérisée par son aspect, sa féminité, ses hésitations. Ana aux contours mal définis (ou complètement indéfinis) à la personnalité changeante, qui s’adapte. Ana, qui mène une vie qui, comme le roman, se déconstruit et se construit à nouveau (semblable à elle-même et différente) au fur et à mesure que le roman, comme la vie, avance. Parce-que quand-même, ce n’est pas si facile, de vouloir être aimée par tout le monde…

    En définitive, ce roman de Lola Gruber c’est comme la blague des pingouins, « ça peut s’appliquer à n’importe quoi » ; et si la blague des pingouins devait s’appliquer à ce roman… elle donnerait des Pingouins dans la jungle. Mais si vous ne connaissez pas la blague des pingouins… Lisez le livre , Ana va vous la raconter mieux que moi !


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