«À Paris, Mme Dudevant est morte. Mais G. Sand est
connu pour un vigoureux gaillard», écrit à propos d'Indiana, son premier
roman, celle qui deviendra la bonne dame de Nohant mais n'est pour lors
qu'une jeune femme vivant courageusement sa solitude après un mariage
raté et quelques aventures aussi passionnées que décevantes. Indiana a
fait George Sand et c'est à travers l'écriture que celle-ci a conquis sa
liberté, sa dignité de femme, son identité même. «La cause que je
défendais, dira-t-elle plus tard, est celle de la moitié du genre
humain, celle du genre humain tout entier : car le malheur de la femme
entraîne celui du maître.» Et : «J'ai écrit Indiana avec le sentiment
non raisonné, mais profond et légitime, de l'injustice et de la barbarie
des lois qui régissent encore l'existence de la femme dans le mariage,
dans la famille et dans la société.»